Formidable...

15/08/2021

Ce n'est pas parce que c'est tombé dans le déni ou l'indifférence générale que ça n'en est pas moins formidable... 


J'ai envie de témoigner de mon histoire. Pas pour me faire bien voir mais simplement pour témoigner que nous sommes des êtres aux potentiels illimités, pour autant que l'on revoit et modifie ses croyances. Et parce que j'ai besoin de me réhabiliter. 

Lorsque l'on m'a diagnostiqué la fibromyalgie, on me l'a alors accompagné de la sentence : c'est à vie, on n'en guérit pas et il n'y a pas de traitement, que j'allais devoir apprendre à vivre avec.

Pour rappel les principaux symptômes de la fibromyalgie (ils sont nombreux et tous aussi handicapants les uns que les autres dans le quotidien) sont des douleurs diffuses et constantes au niveau musculaire et articulaire, insomnies, fatigue chronique, déprime, maux de tête et de ventre...

Comment se sent on lorsque l'on vit quotidiennement et de façon non stop tous ces symptômes souffrants et douloureux ...?
Et comment vit on le fait que cela puisse être à vie ...?
Comment vivriez vous avec la promesse de souffrir éternellement... ?
Seriez vous en paix...?
Non je ne pense pas.
Pour ma part cela m'a laissé un goût amer, avec la furieuse envie d'en finir.

Je me rappelle qu'à l'époque ma voisine avait souhaité dédramatiser ma situation en m'assénant un "bon on n'en meurt pas, c'est déjà ça".
On en meurt pas ouais mais souffrir sans arrêt te donne envie de mourir pour être libéré et enfin soulagé !
Et j'aimerais bien savoir qui peut se satisfaire de ne pas avoir une maladie mortelle mais à vie, jusqu'à la fin de ses jours, sans aucun traitement et donc sans aucun espoir de soulagement, d'amélioration de son existence...

Oui car c'est bien l'enfer que l'on rencontre avec cette maladie.

Un enfer quotidien, dans le silence, le déni et l'indifférence générale,
parce que comble de la cruauté cela ne se voit pas et laisse les autres incrédules quant à nos douleurs et souffrances rencontrées.
On n'est pas reconnu comme malade par la société, tout au plus un malade imaginaire ou quelqu'un d'exagérant un peu trop.
On n'a pas le bras en écharpe, la douleur et toutes les souffrances rencontrées ne se voient pas, ne se lisent pas sur notre corps ou sur notre visage, elles n'en sont pas moins réelles et tellement meurtrissantes...

Et certes je n'étais pas seule à souffrir, bon nombre de personnes souffrent également de cette maladie. Seulement cela n'a jamais soulagé personne de savoir qu'on n'est pas seul à souffrir et que bon nombre sont dans le même cas. Si la douleur et souffrance des autres pouvaient en épargner d'autres ou les soulager, ça se saurait... 

Alors me voilà à quelques jours de Noël 2016 avec l'annonce d'un futur peu enviable qui me laisse dans un profond désarroi, et en proie au plus grand désespoir...

Heureusement après quelques jours, la guerrière et battante qui m'habite depuis toujours a pointé le bout de son nez. 

Elle s'est manifestée et pour faire court, alors que je suivais un protocole en petit groupe à l'hôpital pour apprendre à gérer cette maladie, le spécialiste en vint à nous révéler qu'il était possible d'en guérir, d'avoir une rémission pour reprendre ses mots, qu'il connaissait quelques cas de rémission.

Le mot magique était lancé pour moi.
Voilà qui bousculait ma croyance à mon avantage.

Et alors que j'avais déjà amorcé différentes méthodes naturelles pour m'aider à améliorer les différents symptômes de la maladie, je m'employai désormais à croire qu'il était possible d'en guérir, que je pouvais en guérir.

La puissance de l'esprit, mêlée aux forces de guérison du corps inhérents à chacun, se sont alors opérées.


Même alors que je rencontrais le décès brutal de mon frère en février 2017,
de nombreux problèmes familiaux, puis le décès de mon père en février 2018 et le décès de ma mère en août 2018, j'ai gardé le cap sur ma volonté farouche de m'accorder une vie meilleure.

Non seulement j'avais reprogrammé ma croyance en une possible guérison, mais en plus je m'appliquais à revoir, libérer, modifier et guérir certains schémas et fonctionnements internes adoptés depuis l'enfance, qui me plombaient jusqu'à même pourrir et tyranniser mon existence. 

Rien ne m'a détourné de mon chemin, du but que je m'étais fixé : m'aider, améliorer mon existence et vivre pleinement et mieux.
Je veillais à mes schémas de pensée, je m'étais rendue compte qu'insidieusement de manière réflexe inconsciente je tournais en moi l'idée de la maladie. Je pensais à chaque instant en terme malade, je dirigeais mes choix de vie au regard et en fonction de la maladie. J'ai revu alors ces schémas pour les modifier et ai veillé à ne plus avoir de pensées en terme de malade. J'ai adopté la neutralité dans mes réflexions à la lumière que ce que l'on pense et croit on le crée.

C'est un peu avant le décès de ma mère que je me rendis compte que je n'avais plus de symptômes de fibromyalgie.
Et son décès, alors que le traumatisme et la souffrance du deuil aurait dû me replonger dans les affres des symptômes de la fibromyalgie, me confirma que j'étais bien guéri puisque malgré tout le chagrin, la douleur de la perte je ne subissais plus les symptômes de la maladie.

Mais alors que vous pourriez penser tout est bien qui finit bien, hélas je n'en ai pas fini.
Parce qu'une douleur et une difficulté encore grande m'attendait.
La position de guéri.

On croit qu'une fois obtenu le Graal de la guérison tout est merveilleux.
Et bien non.

Reste le regard de l'autre, l'intégration au sein de la société.
Et là c'est une autre paire de manches...

Toute à ma fierté d'avoir réussi à m'apporter la guérison.
Guérison qui même si elle a été assez rapide ne s'est pas faite non sans mal
(je passe toute la dureté et complexité de la solitude rencontrée au cours de la maladie, le manque d'attention même de la part de très proches voir même l'abandon et l'indifférence...)
Toute à ma fierté et grande joie je rencontrais en réponse déni et indifférence...

Est ce parce que cela dérangeait ?
Je sais que l'exceptionnel et inhabituel dérange...
Était ce de l'envie ou simplement que cela bousculait trop certaines consciences ou plutôt croyances ?
Toujours est-il que ma détresse émotionnelle et morale s'est trouvée grande. Jusqu'à même éprouver de la honte et de la culpabilité.
Je sais bien, c'est un comble.
C'est même un peu fou et invraisemblable d'en arriver à ressentir de la honte et de la culpabilité à s'être dit oui, à s'être aimée au point de s'être offert la Vie,
la liberté et la guérison.
Pourtant c'est bien ce qu'il m'est arrivé.

Et il n'y a rien de bizarre à cela, nous sommes des êtres sociaux avec le besoin d'intégration et du sentiment d'appartenance au groupe.
Si vous ne l'avez pas, que ce besoin n'est pas satisfait, vous vous en prenez alors à la seule personne que vous avez sous la main : Vous.
Et vous vous en voulez alors, vous retournez la faute contre vous même.

J'en suis venue à m'en vouloir, parce que mes besoins n'étaient pas satisfait.
Je m'en suis voulue d'être différente, de ne pas correspondre... puisque je n'arrivais pas à être intégrée, acceptée et appréciée comme je suis...

Et depuis 2018 régulièrement je rencontre les affres émotionnels de la dualité. D'un côté une part de moi qui est fière, heureuse d'avoir réussi à changer sa vie, et de l'autre ces parts insatisfaites, frustrées et tenaillées et tiraillées par la peur de ne pas être acceptée et appréciée tel que je suis...

Et depuis 2018 au lieu de célébrer et d'honorer chaque jour au plus juste de ma réussite et de ma nouvelle vie, je vis tiraillements et grandes tensions internes, morales et émotionnelles.

Alors aujourd'hui je veux honorer la guerrière et battante en moi.


Je veux m'apporter la paix et réconcilier mes parts en moi :

Nora je sais tout ce que tu as rencontré, je sais tout ce que tu as traversé et aujourd'hui je te le dis tu es formidable bravo !

C'est formidable et exceptionnel ce que tu as accompli et ta manière de surmonter tout ce que tu as traversé.

Ce qui compte ce n'est pas l'extérieur mais ce qu'il y a en toi, ce que toi seule pense de toi, c'est de t'aimer et de croire en toi.

Tu peux être fière de toi, tu en as le droit et même le devoir.

Personne d'autre ne le fera pour toi, ne compte que sur toi.

Tu es méritante et plus que tout c'est de toi dont tu as besoin : de t'honorer tel que tu es et de t'aimer dans toute ta vérité lumière et authenticité.

Je t'aime !

Qu'importe qu'on ne croit pas en toi, que personne ne reconnaisse ni n'apprécie ce que tu fais et ce que tu as accompli.

Une seule personne compte et ne dépend que de toi : Toi.

Ce ne sont pas les autres qui te nourrissent mais uniquement Toi.

Oublie l'extérieur et plonge en toi : c'est en toi que réside la lumière et les plus fantastiques richesses.

Merci d'être qui tu es. Merci d'être cette merveilleuse personne.

Merci de ton aide, merci de ta lumière, merci de tes fortes énergies combatives, merci de ton âme guérisseuse et de ton cœur pur et généreux qui veillent à chaque instant sur moi et sur chaque être vivant.

Merci d'être Toi 🌻💚 


PS : Merci Marie 😇💚🌟

Merci l'Invisible de m'accompagner si bien sur mon chemin 😇💚🌟 

Eléonore Nora
Le 15/08/2021